En tant que sculpteur sur bois utilisant exclusivement le bois de tilleul, Reid place ses modèles dans un contexte à la fois spatial, thématique et narratif. Ceux-ci peuvent être soit entièrement peints, peints en partie, ou bien laissés libres dans le bois naturel.
En 1995, alors qu'il étudiait pour passer sa maîtrise en théologie au King's College de Londres, Reid entreprit également une thèse sur les liens existant entre la révélation religieuse et l'art. Le débat philosophique qui entoure ce sujet aura une profonde influence sur son travail et fera l'objet de conférences qu'il donnera par la suite.
Guy Reid est fasciné par les textes chrétiens et leur symbolisme. Bien que méfiant à l'égard des dérives possibles de la religion, il a le sentiment que celle-ci reste quelque chose (à un niveau subconscient bien enfoui) qui intrigue l'être humain et l'entraîne à sa recherche dans une démarche à la fois positive et négative.
Son universalisation de l'imagerie religieuse traditionnelle, telles que celles exprimées par sa Vierge à l'Enfant, sa Crucifixion ou bien son Adam et Eve, ôtent toute sentimentalité et interprétation unique des thèmes religieux originaux auxquels il se réfère ; il le fait toutefois à partir de données théologiquement fondées. Cet aspect du travail de Reid brouille souvent les pistes et représente une véritable gageure dès qu'il s'agit d'interprétation profane ou religieuse.
Reid travaille à partir de modèles posant pour lui ou bien à partir de photos et ses personnages sont souvent placés dans un contexte abstrait et inanimé. Quand il travaille sur un portrait, la relation personnelle qu'il tisse avec son modèle est au cœur de son travail. De plus en plus, l'art de Reid se concentre sur le corps lui-même, nu ou vêtu, mettant ainsi en évidence la nature complexe de l'être humain. Son travail est parfois empreint d'une profonde force contemplative. Pour décrire certaines de ses œuvres, des critiques d'art ont usé des adjectifs ‘beaux' et ‘laids' quasiment sur le même ton.
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